Tests : réglementation, pertinence, limites
Par Lauriane Laugier, dans Tests -# 11 - Fil RSS
Lors de vos entretiens de recrutement, vous avez été invité(e) à renseigner des questionnaires de personnalité, des « tests » ?!
Mais quelles sont les règlementations en matière d’utilisation des tests et de restitution des résultats ? Quelles conditions psychométriques doit remplir un test pertinent ? Quelles sont les limites d’un test ?
Règlementation
La Commission Nationale Consultative de Déontologie des Psychologues (CNCDP) souligne que les tests et questionnaires sont des « instruments qui ne font l'objet d'aucune règlementation ».
La Société française de psychologie (SFP) indique que « d’un point de vue purement légal, le seul texte règlementant l’évaluation dans le cadre professionnel, est la loi du 31 décembre 1992. Pour ce qui nous occupe ici, ce texte précise seulement que 'les méthodes et les techniques d’aide au recrutement ou d’évaluation des salariés et des candidats à un emploi doivent être pertinentes au regard de la finalité poursuivie' et que 'le recours à des techniques présentant une marge d’erreur importante ne serait pas conforme à l’obligation de pertinence imposée par la loi'. Par ailleurs, si le titre de psychologue est reconnu par la loi, celle-ci ne règlemente en aucun cas l’utilisation des tests. »
La qualification de l'évaluateur étant non précisée, les « non - psychologues » ont le droit de recourir aux tests.
En revanche, en ce qui concerne le Code de déontologie des psychologues, l’article 12 (Chapitre II) relatif à la connaissance des résultats de tests et leur communication stipule que « Les intéressés ont le droit d'obtenir un compte-rendu compréhensible des évaluations les concernant, quels qu’en soient les destinataires. ».
La Commission Internationale des Tests soumet des recommandations sur l’utilisation des tests.
Il s’agit de « s’assurer que les résultats aux tests sont traités confidentiellement » (page 17) : préciser qui aura accès aux tests, obtenir un consentement éclairé avant de communiquer les résultats aux autres personnes, protéger les données, identifier la durée de conservation des données.
Construction d’un test
L’approche psychométrique incite à considérer trois critères pour évaluer la pertinence d'un test.
1. La fidélité : Les tests fournissent-ils des informations stables ? La fidélité d’un test concerne la stabilité des résultats obtenus qui doivent être constants dans le temps et ne pas dépendre, par exemple, de la personne l'ayant proposé.
2. La sensibilité : Les tests permettent-ils de différencier des sujets/personnes différent(e)s ? La sensibilité des tests réside dans la finesse discriminatoire : plus un test est sensible, plus il permet de classer de manière nuancée les individus qu’il teste.
3. La validité : La validité correspond à la capacité d’un instrument à mesurer réellement ce qu’il est sensé mesurer, selon l’utilisation que l’on veut en faire. Autrement dit, quels sont les traits mesurés par le test ? Le test sélectionné convient-il vraiment à l’usage auquel il est destiné ? Le test mesure-t-il ce qu’il est sensé mesurer ?
Les étalonnages
Par ailleurs, un test doit être étalonné.
C'est-à-dire construire une échelle de référence à partir d’un échantillon représentatif d’une population (ex. les commerciaux…).
Une échelle étalonnée permet de comparer la position d’un individu dans cette échelle à celles des autres individus de son groupe d’appartenance.
Limites
Les résultats des tests ne sont qu’une source d’information et doivent toujours être considérés en liaison, ou recoupés, avec d’autres informations.
L’entretien en vis-à-vis peut être source d’informations riches : sur les motivations du candidat certes pour un poste cible mais aussi en terme d’énergie et de fonctionnement plus global !
Commentaires
#1 - Le mardi 19 mai 2009 à 11:27, par Conseil juridique
#2 - Le mardi 19 mai 2009 à 12:11, par Lauriane Laugier
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